Sur la Via Francigena en Champagne

Nous voici bien engagés sur la Via Francigena en Champagne. Celle-ci est devenue notre guide depuis Reims et nous accompagnera jusqu’en Toscane. Reims notre primer objectif est atteint. Nous sommes déjà à mi-chemin vers notre 2ème objectif Bar sur Aube.

La Champagne

Plaine champenoise

Plaine champenoise

La Champagne nous a paru moins monotone que ce que craignions. Elle nous a montré trois visages assez différents. Les grandes plaines ondulées couvertes d’un patchwork de céréales dans des nuances de vert. Nous nous sentions cheminer et nous y sommes remémorés ces vers de Charles Baudelaire mis en musique par Louis Bessières :

Dans la plaine les baladins – S’éloignent au long des jardins

Ensuite les collines peuplées de vignobles et de petites forêts telles que la Montagne de Reims et le Mont Courbe près de Vitry le François. Les grands noms du champagne y côtoient des petits producteurs aux productions délicieuses (oui nous avons gouté). Là nous entendions résonner les chansons d’un célèbre album de Jacques Higelin.

Plus loin ce sont les bords des canaux et des rivières que nous avons suivis. Bordés d’aulnes et de saules, ils s’alanguissent paisiblement en nous regardant passer. Nous nous sentions prêts à coiffer notre canotier et à entonner avec Maurice Chevalier :

  • Quand on s’promène au bord de l’eau
  • Tout est si beau, quel renouveau

De multiples formes de rencontres

Notre première partie de périple avance petit à petit et déjà les rencontres s’égrainent. Celle-ci se font au fil du voyage selon des formes diverses.

Accueil à 4 Mains

Accueil à 4 Mains

Au niveau des hébergements, nous recevons souvent un accueil réel. Même les employés municipaux et des institutions qui nous accueillent, ont un regard sympathique sur notre défi. L’accueil est parfois rudimentaire mais nous n’avons jamais eu de mauvaises surprises. Nous rencontrons aussi des gens passionnants dont l’objectif est certes financier (il faut bien vivre) mais qui y mettent un supplément d’âmes avec de chouettes valeurs. Nous pensons tout particulièrement à Joseph, Christelle, Nicolas et Violetta.

Les rencontres, ce sont aussi ceux qui s’arrêtent et nous interpellent au bord du chemin.

C’est cet automobiliste qui baisse sa vitre et nous dit :

– Compostelle ?

– Non, nous allons vers l’Italie.

– L’Italie ? Jusque Rome ?

– Non, Monte Sant’ Angelo. La côte adriatique.

– Ah moi je fait St Jacques aussi. Pour le moment, je suis dans le Massif Central. Bonne chance

Il faut alors comprendre qu’il fait le chemin de Compostelle mais un morceau chaque année.

Ou ce cycliste qui nous rattrape en haut d’une côte et qui ne se voit vraiment pas faire la même chose que nous.

Ou ce monsieur de Verzenay en plein vignoble champenois. Il n’en revient pas de notre périple. Puis il nous parle du jumelage de la localité avec Berlooz en Belgique.

Et les pèlerins où sont-ils ?

Par contre encore peu de rencontres de pèlerins comme nous. La plus significative est celle de Paul le hollandais qui nous a accompagné pendant 4 jours jusque Reims. Il trouvait notre GPS bien plus pratique que son guide dont il se plaignait régulièrement. Pour lui, c’était clair. Une fois rentré au pays, il s’équiperait aussitôt d’un GPS. Il comptait continuer vers St Jacques jusque Vézelay pour cette année.

Nous devons remercier aussi tout spécialement ceux qui nous aident parfois. Anonymes à qui nous quémandons un peu d’eau par ces fortes chaleurs. Ou ceux qui nous remettent sur le bon chemin comme Nicole, Denis ou Damien.

Comme l’indique une inscription et un dessin photographiés au bord du chemin, ces rencontres nous disent de sourire à la vie.