Les réalités de la vie de pèlerin

La vie de pèlerin n’est pas vraiment reposante. Arrivés à Bar-sur-Aube, nous prenons donc un premier jour d’arrêt. Hier nous avons passé une chouette soirée avec notre cousine Monique. Grâce à sa copine Patricia, les pieds de Jacques retrouvent un confort de marche avec des chaussures de sport très « in ». Monique récupère les anciennes godasses qu’il ne veut plus voir.

Vie de pèlerin : une journée à organiser

Superbe église à pans de bois de Lentilles (lac du Der)

Superbe église à pans de bois de Lentilles (lac du Der)

Cette journée de repos nous change de notre ordinaire. Pour l’instant, notre journée de pèlerin se déroule grosso modo comme ceci suivant les étapes.

Après le lever entre 6h30 et 7h30, commencent le « rangement » du sac et le soin préventif des petons. Nous avalons un petit déjeuner parfois très frugal et puis départ en fonction des contingences (papote avec les hôtes, remise des clés, …)

Démarrage en douceur pour remettre la machine en route. Nous retrouvons le chemin et les paysages quittés la veille. A midi, un bon pique-nique parfois agrémenté d’une petite sieste nous requinquent et nous redonnent de l’énergie. Une vingtaine de kilomètres avalés, nous sommes contents d’arriver à l’étape en fin d’après-midi.

Après avoir repéré notre lieu de logement, nous pouvons nous poser et parfois profiter des rencontres sur place. La soirée est consacrée à quelques tâches rituelles (douche, lessive, cuisine, soin curatif des petons, …) Si nous avons du wifi (ce qui est rare), nous en profitons pour donner des nouvelles. Et nous nous endormons sachant que « le sommeil est la meilleure des méditations » (Dalaï Lama).

Vie de pèlerin : surprises des hébergements

Peu de pèlerins jusque maintenant sur la Via Francigena. On voit que les autorités locales n’ont pas encore mesuré l’intérêt spirituel, culturel, touristique voire économique du passage des pèlerins – randonneurs : rencontre des communautés spirituelles locales, découverte des régions méconnues et de leur terroir (dont on parle), rencontres avec les gens du pays et les pèlerins en chemin (vecteurs d’ouverture et d’amitié), hébergements valorisés, repas, pique-niques, boissons, équipements à remplacer, …

Petit gîte municipal

Petit gîte municipal

Accueil municipal dans un petit village : la confiance règne ; la clé est sous le pied de la table extérieure. Une fois la porte ouverte, belle surprise. C’est propre, rangé, simple mais bien équipé (même frigo et lave-linge). La responsable vient nous saluer en soirée pour un échange bien sympathique. Inconvénient : pas même une épicerie. Il faut donc prévoir des provisions dans le sac à dos d’où des kilos en plus !!!

Contraste avec un gîte municipal d’une petite ville. D’abord il faut aller chercher la clé à l’Office du Tourisme à l’autre bout de la ville. Faire une copie de la carte d’identité. Signer un contrat pour recevoir les clés. Refaire 2 kms jusqu’au gîte. Mauvaise surprise : celui-ci est sale et malodorant. Les poubelles et la vaisselle sale traînent. Les matelas des lits sont douteux. La salle de bain est pitoyable. Magasins dans un zoning à 3 kms. Puis le lendemain matin, ramener les clés à l’Office du Tourisme qui est loin de notre chemin. Bref sympa d’avoir un gîte mais pourrait faire mieux. Néanmoins cela fait partie du jeu.

Vie de pèlerin : histoires drôles

Il y a aussi la commune où le maire et sa femme ne vous diront pas qu’un gîte communal existe car ils ont une chambre d’hôtes juste en face. Cela nous l’apprenons à l’étape suivante. De plus ils proposent une table d’hôtes maison ; les affaires sont les affaires. Le repas étant agrémenté des souvenirs de l’hôtesse. Tout y passe. Versant d’un sujet à un autre, il faut de fines stratégies pour en placer une. Nous échangeons des regards mi abasourdis mi amusés sans éclater de rire.

Enfin nous pouvons aussi vous parler des sœurs qui sont introuvables ! Des sœurs en goguette un jour de fête d’Ascension. Peut-être sont-elles au chapelet qui se dit à la collégiale ? Après une volée d’ave et de pater viennent le 4ème et le 5ème mystères de Jésus. Sachant que je ne peux interrompre une séance si bien réglée, je me retire pour attendre. Je profite d’un arrêt pour aborder la sœur présente. Zut elle n’est pas de la même bande de sœurs. Bref quelques épisodes plus loin, nous apprenons que « nos » sœurs seront de retour à 20h.

Un paroissien sympa est présent pour nous présenter. A la sœur polonaise interrogative, il déclare : « deux Compostelle ». Sans doute était-ce le sésame car de suite la sœur nous conduit à la chambre réservée aux pèlerins.

Nous aurons sans doute encore d’autres histoires à vous raconter mais ce sera pour plus tard.

Nous vous remercions pour vos commentaires et vos encouragements. Cela nous réchauffe le cœur de lire vos petits messages.

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3 commentaires

  1. Comme nous dans notre marche de 2400km, je constate que ce qu’on appelle »le hasard » vous fait des clins d’yeux….
    C’est ce qui me touche le plus dans cette expérience du lâcher-prise!
    De randonneurs, vous voilà pèlerins!
    Courage et bravo!

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