Le lâcher-prise du pèlerin

Le lâcher-prise du pèlerin, c’est accepter de changer d’horizons, de région, de saison. Nous sommes frappés par les différences que nous observons déjà au travers des différentes régions que nous avons parcourues. Différences d’habitats où nous décelons aussi la variété des conditions économiques dans lesquelles les populations se retrouvent. Comparaison par exemple entre les maisons cossues des vignerons champenois ou des grosses exploitations céréalières par rapport à des petites bourgades ou villages vivant dans un désert économique.

Nous vivons aussi jour après jour l’évolution des saisons. L’escourgeon (céréale) était encore bien vert en Belgique et en Champagne. Nous le voyons jaunir et mûrir de belle manière dans les campagnes du nord de la Bourgogne. Maintenant c’est l’odeur du foin fauché qui nous surprend aux premiers pas du matin.

La champagne est maintenant derrière nous. Les derniers vignobles de la région de Bar sur Aube aussi. La traversée du pays de Langres nous a rappelé les Ardennes avec ses forêts profondes. Nous sommes passés progressivement dans un autre monde aux couleurs de la Bourgogne. Les portes de Besançon et de la Franche Comté s’ouvrent à nous. Tout se déroule comme prévu alors que se termine presque déjà le premier quart de notre périple.

Nos besoins primaires, objets de lâcher-prise

Les randonneurs au long cours que nous sommes, se trouvent parfois confrontés à des journées plus froides ou pluvieuses, à l’absence d’hébergements, à des problèmes physiques. Ces situations ou pire encore leur cumul porte tôt ou tard un petit coup au moral.
On s’interroge alors sur l’intérêt de notre projet. Que faisons-nous là ? Était-ce bien raisonnable de se lancer dans cette aventure ?

En y réfléchissant bien (et sur le chemin on a le temps de réfléchir et d’en parler à deux), le constat est vite venu que nous sommes relativement dépendants de notre environnement et de ce que l’on y trouve. Ce sont en fait nos besoins primaires qui sont concernés : manger, boire, dormir, avoir chaud, être en sécurité, préserver sa santé, son bien-être. Dans la vie courante, nous sommes rarement face à des problèmes pour satisfaire ces besoins primaires. Tout cela est organisé et réglé comme du papier à musique.

Apprendre à relativiser

Sur le chemin, nos facilités habituelles ne sont plus là. Il faut s’en charger tous les jours et recommencer de manière incessante. C’est une préoccupation de tous les jours. Nous touchons à la triste réalité de ceux dont qui le vive constamment. Avec la chance de ne pas souffrir de la précarité qui est la leur.

On est alors traversé par des sentiments d’injustice, de tristesse voire de colère. On ressent que nos besoins vitaux sont perturbés. Le moral s’en trouve momentanément atteint. Puis pas après pas, le chemin aidant, on commence à relativiser, à se dire qu’il y aura bien quelque chose qui va se présenter. Bref il faut lâcher-prise.

Et de fait à ce moment-là, une personne empathique, un évènement sympa se présentent. Des solutions auxquelles on ne pensait pas, viennent illuminer soudain notre mine ténébreuse. Quelqu’un qui vous remet sur le bon chemin. Une hôtesse qui vous offre une place à sa table. Une accueillante qui a prévu du ravitaillement pour vous car « vous savez vous ne trouverez rien là où vous allez passer ». Quelqu’un qui vous conduit faire les magasins pour trouver des chaussures plus adéquates.

On a l’impression de se retrouver dans la chanson « l’Auvergnat » de Brassens..

Les bonnes surprises du souper du pèlerin

Ce qui vient de plus réconforter le pèlerin, c’est que régulièrement les hôtes d’un soir ne ménagent pas leurs qualités culinaires pour le recevoir. La table du soir ne manque pas d’agrément. Jugez plutôt au travers de quelques plats que l’on nous a préparés :
• Risotto aux asperges
• Joue de bœuf à l’agimontoise
• Tarte à la polenta et aux asperges
• Soupe d’orties
• Carbonnades de sanglier sauce champignons des bois
• Rôti de porc sauce aux pruneaux
• Pâté de chevreuils
• Clafoutis sans gluten
• …

Et puis il y a « la crème aux œufs » avec son lit de caramel (du flanc caramel donc). On nous l’a servie de toutes les façons : à ma façon (selon la cuisinière), à celle de ma mère, à celle de ma grand-mère, à celle de ma tante, … Mais en réalité, c’est toujours plutôt du pareil au même.

Le pèlerin doit aussi parfois tirer son plan. Des pâtes (sans gluten pour Jacques) agrémentées d’une sauce quelconque font souvent l’affaire. Ou une paëlla du super marché à réchauffer au microonde. Mais parfois on est acculé à quelque expérience : cuire des pâtes sans gluten au microonde. Résultat : une bouillie informe que l’on rince dans une tasse (puisqu’on a que cela) pour récupérer quelques morceaux mangeables mélangés à la sauce du jour.

Bref le pèlerin doit manger « à toutes les sauces » ; les bonnes et les moins bonnes..

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A bientôt pour la suite de nos aventures.!

5 commentaires

  1. Avec un peu d’avance, Bon Anniversaire Jacques!
    J’espère qu’une bonne âme vous servira un bon morceau et .
    Êtes vous arrivés à l’étape de repos à Pontarlier?
    Bisous et tout et tout …. pour la suite.
    Aileen

    1. Merci beaucoup Aileen. De fait demain je marcherai d’un pas sans doute un peu différent. Nous sommes passés en Suisse aujourd’hui. Donc pas de repos à Pontarlier. Nous ferons sans doute ce jour de repos fin de semaine à Vevey au bord du lac Leman.

  2. Tout cela me donne faim… enfin presque tout 😉

    Quand j’étais seul au milieu des cèdres du Ventoux, sur une piste qui n’en finissait pas, avec l’orage qui grondait, vous m’avez inspiré pour avancer, un mètre après l’autre, en cherchant autour de moi ce qui était beau : un nuage entre deux cèdres, le chant d’un oiseau aussi paumé que moi, …

    Nos voyages sont avant tout intérieurs mais le vôtre vous fait entrer au coeur du monde, dans ce qu’il a de plus beau et de plus douloureux.

    Merci de nous permettre de vous y suivre, un peu.

    Bon courage !

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